Ce que je veux vous faire découvrir aujourd'hui, c'est le costume des femmes et en particulier la coiffe qu'elles portaient.Le costume traditionnel est plutôt sobre: une longue jupe de chanvre de couleur sombre, un tablier étroit, une chemise en lin blanc sans col aux manches très larges et bouffantes serrées juste au dessus du coude, un corset de toile ou de velours noir et .... une cale à diairi.
La cale à diairi est un petit calot qui se porte sur le haut de la tête, destiné à être porté sur un chignon bas, l'arrière du calot s'arrête à mi-tête. Il a deux "oreillettes" qui ne couvre que le haut de l'oreille et quatre larges rubans : deux partent des oreillettes et se nouent sous le menton, les deux autres sont palcés à l'arrière du bonnet et forment un gros noeud qui cache le cou de la femme qui le porte.
Mais si le costume est sobre, la cale a la particularité d'être richement brodée et de l'être d'autant plus que la femme qui la porte appartient à une famille aisée !
La 1ère cale attestée est celle de la fille de Georges CUVIER, en 1822. (Eh oui, Georges CUVIER, le "père" de la paléontologie moderne est originaire de Montbéliard !)
Bon, après tout ce bla-bla, je vais vous montrer à quoi ça ressemble et je vous donnerais quelques explications sur comment ça se fabrique.
A l'origine, une cale à diairi était brodée de perles très petites (5 000 à 10 000 par coiffe, voir davantage), de canetille or ou argent (fil ressort de métal que l'on coupe à la dimension souhaitée et qui s'enfile comme une perle), de "miroirs" et de chenillette (fil de velours de soie très difficille à trouver actuellement) . Les motifs imposés sont traditionnels : fleurs, grappes, épis de blé. Une cale est entièrement faite à la main, coutures comprises. Elle necessite au minimum 200 heures de broderie.
Ah ! j'oubliais un "détail" les deux cotés doivent être symétriques mais inversés !

Ben, c'est pas trop mal ! Car je peux vous dire que c'est pas facile du tout le 2ème coté !
Quelques détails :


En 1991, Danièle FUEHRER, décide, soutenue par l'office du tourisme de créer un atelier de brodeuses de cales à diairi afin de perpétuer cette tradition. Elle sera aidée par Rolande GEORGES, membre du groupe folklorique du Diairi qui a eu l'occasion de restaurer plusieures cales et de voir ainsi les techniques utilisées.
Et j'ai fait partie de cet atelier ! J'ai voulu apprendre à faire ce petit bonnet que je ne porte jamais pour garder vivante une tradition d'art. L'atelier fonctionne de la façon suivante : chaque brodeuse fait une cale pour elle, et une pour l'office du tourisme qui la vend ou l'offre à des hotes de marque.
Cette cale noire m'appartient. Voici celle que j'ai brobé pour l'office de tourisme :
Elle est en velours framboise et je ne l'ai brodée qu'en perles roses et blanches et en canetille argent. Elle a aussi des miroirs. Elle a aussi une particularité mais qu'on ne voit pas très bien sur cette photo : elle a un motif central brobé à l'arrière de la tête, le centre de la grosse fleur et du noeud sont brodés sur la couture.
S'il y a des règles strictes quand aux motifs ou à l'emplacement des broderies, on est beaucoup plus libre quand au choix du tissu (souvent du velours mais ça
peut-être du satin ou de la soie) et de la couleur, du tissu comme des perles. Ensuite, on accorde les rubans à la couleur du fond. Les diairis d'enfant ont souvent un fond blanc, et les diairis
des veuves sont noirs, brodés uniquement de perles noires. Des merveilles sur lesquelles on "tue" ses yeux au dire de celles qui en ont brodé !
Pour cet article j'ai puisé mes informations dans Pays Comtois n° 18 de mai-juin 98, un article de Dominique Bonnet.
A l'Aiguille en Fête, j'avais décidé de
m'offrir des kits ou des patrons de choses que je n'avais jamais essayé. J'ai donc acheté ce kit du



Kit de "kitbroderie" 
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